Dans cette section

Rechercher une école du monde de l'IB

L'IB pays par pays
 Imprimer cette page  Imprimer cette page
 Envoyer cette page par courriel Envoyer cette page par courriel

Share

Tout commence à la maison

On néglige souvent le rôle que jouent les parents dans l’épanouissement de l’élève. Cinq enseignants racontent comment leurs propres expériences familiales leur ont permis de réaliser les difficultés et les avantages d’avoir un apprenant de l’IB à la maison.

Students working together

De l’école à la maison : un défi

Vani Veikoso Twigg, enseignante du PP, Istanbul Community School, Turquie

En tant qu’enseignante de l’IB, mariée à un enseignant membre de la direction et avec deux enfants élèves du PP et du PPCS, j’appartiens à une famille de nomades. Nous avons vécu dans six pays différents, expérience qui s’est révélée positive et enrichissante. Nous le devons à notre implication dans le meilleur système d’éducation internationale qui soit.

Si nos enfants éprouvent parfois des difficultés à saisir certains concepts scolaires, les compétences qu’ils ont acquises durant leur parcours dans le cadre du PP – grâce à des enseignants qui les ont aidés à devenir des citoyens du monde – leur donnent assez de confiance pour résoudre des problèmes. La mission de l’IB visant le développement global de l’enfant, afin de « contribuer à bâtir un monde meilleur et plus paisible, dans un esprit d’entente mutuelle et de respect interculturel », se concrétise dans les projets de grande ampleur que les élèves mènent en dernière année de chaque programme. Dans notre établissement scolaire actuel, l’exposition du PP « Ma passion » permet non seulement aux élèves de 6e année de chercher des solutions à certains problèmes du monde d’aujourd’hui, mais également de relier ces questions à leurs propres centres d’intérêt.

Ce n’est pas tous les jours facile d’être enseignant et parent d’élèves de l’IB, notamment lorsqu’il s’agit de définir ce qu’ils doivent apprendre et de quelle manière. Les enseignants et les parents peuvent avoir des points de vue différents : la meilleure solution est d’entretenir un dialogue ouvert avec l’enfant et ses enseignants. À la maison, nous essayons de savoir comment s’est passée la journée d’école, de participer à des conférences et de prendre des notes. Nous sommes également réalistes quant au potentiel et aux limites de nos enfants. Nous leur avons surtout appris qu’ils sont maîtres de leur destin. Nous espérons qu’ils mèneront la vie qu’ils souhaitent, avec tout notre soutien et notre compréhension.

 

Apprendre en équipe

José Fernández, chargé de cours à l’université et père d’une élève du Colegio La Floresta, San Salvador, Salvador

Être parent d’un élève scolarisé à l’IB est une expérience spéciale qui demande une préparation toute spécifique. Parfois, l’aide que les parents doivent à leur enfant est un véritable défi, mais j’ai réussi à comprendre comment surmonter ces épreuves.

Le Programme du diplôme de l’IB nécessite un soutien scolaire et émotionnel intense, non seulement pour accomplir certaines tâches, mais aussi en termes de conseils. Un père d’élève de l’IB doit s’attendre à faire des sacrifices : passer son samedi après-midi à aider à faire de la peinture à l’huile ou renoncer à une fin de semaine bien méritée pour aider son enfant sur un devoir maintes fois repoussé. Ou encore, votre fils n’a peut-être pas le bon livre ou il doit voir un ami à propos d’un exercice, l’imprimante n’a plus d’encre... la liste peut être longue !

Pour illustrer toute l’aide que l’on doit apporter, voici l’une des nombreuses conversations que j’ai eues avec ma fille au sujet de sa charge de travail. Lorsqu’elle nous disait : « Je ne sais pas si j’arriverai à tout faire », nous lui répondions invariablement : « Nous sommes fiers de tes efforts. Ils en valent la peine, et si tu as de bons résultats, c’est un plus. Mais si ce n’est pas le cas, ne t’inquiète pas. Nous avons vu tous les efforts que tu as faits, et c’est une victoire tout aussi importante. »

Après ces deux ans d’études, ma fille est une autre élève. Le Programme du diplôme l’a préparée à l’université. Voilà 30 ans que j’enseigne à l’université, je sais qu’elle a de meilleures bases que d’autres étudiants et qu’elle ne sera pas mise en difficulté par les exigences des études supérieures. À l’heure où j’écris ces lignes, je ne connais pas encore ses résultats (elle vient juste de passer ses derniers examens), mais son attitude face au travail et à l’organisation s’est améliorée sans mesure. Si elle réussit, je serai à jamais satisfait de voir que le monde s’ouvre à elle. Mais quoi qu’il arrive, ma fille se souviendra que son père l’a toujours soutenue.

 

La communication est vitale

Daun Yorke, coordonnatrice du Programme du diplôme de l’IB, enseignante d’arts visuels et de TdC, Canadian International School of Hong Kong

Devenir parent est une transformation dans la vie de tout individu, on acquiert une nouvelle perspective sur le monde. Je l’ai souvent observé : lorsque des enseignants deviennent parents, leur point de vue s’élargit et ils voient tous les élèves de la classe potentiellement comme « leurs enfants ». Avoir une fille suivant le Programme du diplôme m’a réellement ouvert les yeux sur ce que vivent les élèves pendant les deux années du programme. J’enseignais les arts visuels lorsque ma fille et moi-même avons entamé une nouvelle aventure : elle découvrait le Programme du diplôme et je prenais mes fonctions de coordonnatrice du Programme à la Yew Chung International School of Shanghai, en Chine. Ces deux années furent intenses et particulièrement enrichissantes, et nous avons beaucoup appris ensemble.

Auparavant, je pensais fixer des délais raisonnables et être à l’écoute des besoins de mes élèves. Lorsque ma fille a commencé le programme et que je l’ai vue jongler entrer les devoirs des différentes matières, j’ai mieux compris mon rôle d’enseignante et de coordonnatrice. Nous avions l’habitude d’organiser une soirée d’information annuelle pour tous les parents, mais à la fin de la première année avec ma double casquette, j’ai réalisé qu’il était essentiel de proposer, une soirée d’orientation consacrée aux parents du Programme du diplôme.

Lors de ces soirées, je me présente désormais comme un parent d’élève de l’IB. Je parle de l’incroyable voyage pour lequel les parents sont sur le point de s’embarquer et je souligne l’importance de la communication. Souvent, les parents veulent s’impliquer, mais ils admettent qu’ils ne comprennent pas vraiment ce que traverse leur enfant.

Après avoir reçu des échos de parents, nous avons décidé d’envoyer régulièrement une lettre d’information de l’IB pour les parents, accompagnée d’un calendrier mensuel récapitulant les dates butoirs et les événements à venir. Cela a aidé les parents à visualiser le travail demandé à leurs enfants. J’utilisais déjà le calendrier de l’IB dans l’établissement, et j’ai réalisé que c’était un outil important pour les parents. Guider son enfant tout au long de ces deux dernières années scolaires si intenses demande de nouvelles compétences. Être mère, enseignante et coordonnatrice de ma fille pendant deux ans n’aura pas été de tout repos, et j’ai autant bénéficié de ses conseils qu’elle des miens.

 

L’avantage de la sagesse

Jayne de la Haye, enseignante et animatrice d’ateliers pour le PP, ABA, Muscat, Oman

L’avantage de la sagesseJ’enseigne à ABA, une école du monde de l’IB dans le Sultanat d’Oman, depuis 12 ans, durant lesquels j’ai eu deux enfants. Leur entrée à l’école m’a fait réfléchir sur mon travail d’enseignante et ma façon de l’exercer.

J’enseigne à des élèves du Programme primaire, et je suis ravie de pouvoir dire que l’approche de l’apprentissage basée sur la recherche a stimulé la curiosité de mes enfants et les a aidés à atteindre de nouveaux niveaux de compréhension en faisant appel à leurs propres expériences. Cela a souligné à quel point il est important de développer une « manière d’être » à travers le profil de l’apprenant de l’IB. Mes enfants ont envie d’aller à l’école. Ils sont à la fois curieux et enthousiastes à l’idée d’apprendre, et ils veulent partager leurs expériences avec nous.

L’accent placé sur la planification collaborative au PP a permis de garantir que mes enfants bénéficient de la « sagesse collective » de tout le corps enseignant. Dès leur plus jeune âge, ils ont été encouragés à adopter une autre perspective et ont élargi leur perception globale du monde, tout en développant une identité et une conscience d’eux-mêmes fortes. Je ne connais aucun autre programme d’études capable d’associer une telle cohérence et qualité, et en même temps adapté aux conditions spécifiques de chaque établissement scolaire.

En tant que mère et enseignante, je veux que mes enfants s’impliquent dans leur apprentissage et qu’ils développent une compréhension, des aptitudes et des attitudes qui leur serviront non seulement jusqu’à la fin de leur scolarité, mais aussi durant toute leur vie. Notre établissement, ainsi que le PP, a apporté à mes fils les bases que je voulais leur donner. En tant que mère, je suis consciente du privilège que représente cette éducation, et en tant qu’enseignante, je suis plus engagée que jamais à garantir la qualité de l’IB.

 

L’école n’est pas une garderie

Mariana Conde, directrice adjointe de la section secondaire, Saint Mary of the Hills School, San Fernando, Argentine

Je travaille en école secondaire depuis 20 ans, ce qui m’a donné la possibilité de voir pratiquement 20 générations d’élèves obtenir leur diplôme. J’ai occupé différentes fonctions durant ce temps, ce qui m’a permis d’avoir plusieurs points de vue d’une même situation. Je remarque qu’aujourd’hui, les relations entre les parents d’élèves et les établissements scolaires – ou le processus éducatif – se sont légèrement détériorées et tendent même à s’estomper.

De nombreux facteurs entrent en jeu : d’un côté, nous avons les médias, dont Internet et les réseaux sociaux qui apportent toutes les informations recherchées en un seul clic. Les élèves n’ont plus toujours besoin de demander l’aide des parents pour leurs devoirs ou pour chercher des informations. De l’autre côté, à cause de la crise économique mondiale, il est de plus en plus fréquent de voir des enfants s’élever pratiquement seuls, car les parents travaillent tard le soir. Pour nombre de ces familles, le dîner est le seul moment de la journée où tout le monde est réuni.

Avec autant de soucis, certains parents n’ont pas le temps, l’énergie ou la volonté d’accompagner leurs enfants tout au long du processus éducatif. Ils délèguent cette tâche à l’établissement scolaire. C’est comme si l’école était devenue une garderie : les élèves y sont à l’abri. Il est de notre responsabilité, à nous les enseignants, de ramener ces parents d’élèves vers l’établissement avec l’aide de toutes les ressources dont nous disposons, par exemple en proposant des cours en lien avec leur métier, leurs passions ou leur quartier. Nous devons rencontrer les parents, pas seulement lorsqu’il y a un problème, mais aussi pour féliciter leurs enfants. Nous devons leur demander de l’aide afin de rapprocher le travail en classe et le monde extérieur.

Nous voulons tous des apprenants autonomes et indépendants, mais nous devons d’abord travailler avec eux, pour leur apprendre à être autonomes. C’est une boucle vertueuse : plus un adulte encourage son enfant et accorde de l’importance à son travail ou montre de l’intérêt pour ses opinions, plus l’enfant aura confiance en lui.

Nous devons travailler main dans la main. Nous ne pouvons oublier que la maison est notre première école. C’est là que nous apprenons les valeurs, l’attitude envers les autres, et surtout à aimer et être aimé ; à prendre et être pris en considération. Ce sont des aptitudes essentielles si nous voulons que les responsables de demain soient positifs. Si nous voulons que nos enfants soient capables d’affronter tous les défis, nous devons y travailler avec eux dès maintenant.